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Le biais favorite-longshot existe-t-il sur les marchés prédictifs ?

Une étude de Polymarket mesure les rendements aux deux extrêmes de prix et montre combien l'agrégation des contrats change la lecture.

Des chemins de favoris et de paris long shot forment une géométrie de prix asymétrique.

Un biais qui dépend de la façon de compter

Le biais favorite-longshot décrit une régularité ancienne des paris : les issues peu probables peuvent offrir des rendements moyens plus faibles que les issues favorites. Dans un marché prédictif moderne, cette régularité peut toutefois changer selon la manière de regrouper les contrats et selon les profils des comptes qui les achètent.

Cardozo et Rivero-Wildemauwe étudient ce phénomène sur Polymarket à partir de 588 millions de transactions réalisées par 2,48 millions de comptes. Un token paie un dollar si l'issue annoncée se réalise et zéro sinon. Les auteurs comparent les achats sous 10 cents aux achats à 90 cents ou davantage, puis testent plusieurs niveaux d'agrégation.

Mesurer les deux extrêmes

L'analyse distingue le marché enfant — une question négociée — de l'événement parent qui regroupe plusieurs questions. Une première mesure donne le même poids à chaque contrat. Une deuxième regroupe les achats par montant. Une troisième donne le même poids à chaque événement parent. Cette distinction évite qu'un grand événement ou une famille de contrats détermine seul le résultat.

Les données couvrent des trades de novembre 2022 à mars 2026. Les auteurs excluent notamment les marchés qui ne respectent pas la structure binaire retenue, les prix invalides et certains acheteurs à forte concentration de contreparties, utilisée comme filtre de trading potentiellement artificiel.

Résultats rapportés par les auteurs

Dans les flux observés, les achats sous 10 cents perdent 19,3 cents par dollar tandis que les achats à 90 cents ou plus gagnent 0,83 cent. Quand chaque contrat reçoit le même poids, la perte des longshots est de 6,3 cents ; quand les contrats liés sont d'abord regroupés par événement parent, elle devient un gain de 4,1 cents. Le motif aux deux extrêmes est robuste en Crypto et en Politics, mais absent en Sports dans l'analyse rapportée.

La persistance des comportements ne suffit pas à expliquer les gains. Le décile de comptes ayant la plus forte tendance passée à acheter des longshots représente 26,6 % des achats à bas prix du mois suivant, mais obtient des rendements similaires aux autres. Le décile orienté vers les favorites représente 15,1 % des achats à haut prix et obtient des rendements inférieurs.

Interprétation éditoriale : l'agrégation est une hypothèse

Un tableau de performance de marché prédictif devrait afficher la définition de l'unité : contrat, événement, montant investi ou compte. Un chiffre agrégé peut changer de signe lorsqu'on passe du contrat parent à l'événement parent. Cela ne rend pas l'un des calculs inutile ; cela indique que la question économique doit préciser ce qui reçoit le poids.

Limites et statut de la source

Les comptes sont des wallets et non nécessairement des personnes ; un participant peut en utiliser plusieurs. Les données ne reconstruisent pas toutes les ventes, créations, combinaisons, transferts ou positions finales. Les résultats décrivent Polymarket et la période étudiée ; ils ne constituent ni une stratégie de pari ni une promesse de rendement.

Sources

Source ArXiv : résumé de 2609.12878v1 · PDF.