Article · IA & agents
Quand une trace ne voit pas la concurrence
Pourquoi la comparaison de processus doit parfois conserver les objets, les horaires et les ordres partiels.

Une même trace peut cacher deux processus
Deux services hospitaliers peuvent produire les mêmes séquences enregistrées tout en fonctionnant différemment : l’un réalise les analyses sanguines et l’imagerie en parallèle, l’autre les exécute l’une après l’autre, dans les deux ordres avec la même fréquence. Un journal réduit à des traces ne permet alors pas de distinguer les deux organisations, alors que leur besoin en ressources n’est pas le même.
Le preprint formalise cette perte d’information comme le noyau d’une représentation. Une métrique, même sophistiquée, ne peut pas récupérer une différence supprimée avant son calcul. Augmenter le nombre de traces ne résout donc pas une ambiguïté de représentation.
Choisir le bon niveau de description
Les auteurs représentent les variantes par des posets étiquetés, puis étudient plusieurs cartes : langage stochastique des traces, blocs de précédence et information de graphe. Les traces conservent les séquences possibles, mais perdent l’ordre partiel qui caractérise une exécution concurrente. Des horaires de début et de fin, ou des journaux orientés objets indiquant les objets partagés, peuvent préserver une partie de cette information.
Le résultat pratique est une procédure de décision : préciser la question métier, vérifier quelles variantes la représentation confond, puis seulement choisir la géométrie et la distance. Pour estimer les poids d’une famille de processus, le papier donne aussi une condition d’identifiabilité fondée sur le rang de la matrice des lois de traces. L’estimabilité est mesurée par sa plus petite valeur singulière.
Ce que montrent les expériences
Dans un premier scénario simulé, une représentation par blocs récupère presque parfaitement les groupes lorsque la différence structurelle est visible : l’ARI atteint 0,98 au début du balayage. Les distances fondées uniquement sur les traces restent au niveau du hasard dans le bras où concurrence et sérialisation ont exactement le même langage.
La flotte clinique simulée à partir de Synthea confirme l’enjeu : la comparaison conserve un ARI de 1,000 avec une représentation qui garde l’ordre partiel, contre 0,615 après aplatissement en traces. Ces nombres décrivent un protocole contrôlé, et non une performance garantie sur les journaux d’un hôpital.
Limites
Les expériences sont simulées, car le corpus examiné ne fournit pas à la fois une clé de site, une concurrence connue et un modèle générateur permettant de mesurer une récupération. Les conclusions dépendent aussi de la loi d’ordonnancement, de l’hypothèse d’exécutions indépendantes et de la règle utilisée pour déclarer deux événements concurrents. Le cadre ne tranche pas encore le régime où les exécutions partagent des objets de manière interdépendante, et les coûts dirigés ne conservent pas toutes les propriétés métriques utilisées ici.
Sources
Antony R. Lee, Peter Tiňo, Iain B. Styles, « Resolution limits for process comparison from event data », ArXiv 2609.20489v1, consulté le 22 septembre 2026 : résumé et preprint, PDF.